Histoires de pont
| Pont Saint-Lambert, Vresse-sur-Semois |
Traverser un pont n’est plus quelque chose qui frappe notre esprit. Depuis longtemps, on en a construit tant et plus, pour permettre un franchissement rapide et aisé des vallées encaissées, des rivières, voire de bras de mer entiers.
Mais il n’en fut pas toujours ainsi… Un ruisseau capricieux,
une rivière énergique pouvaient entraver gravement les déplacements et forcer
les voyageurs à de longs détours. On cherchait alors les zones de faible
profondeur, les gués, ou on assemblait des systèmes de franchissements
sommaires, avec cordes, rochers et troncs d’arbres. Par leurs difficultés de
franchissement, rivières et fleuves ont d’ailleurs tracé les frontières de
maints pays et empires.
Chez nous, ce sont les Romains, grands ingénieurs,
commerçants et militaires ambitieux veillant à faciliter et accélérer le
déplacement des denrées et des armées, qui ont commencé à bâtir des ponts résistants
et durables, basés sur des arches de pierre.
Lieux de passage privilégiés pour tous ceux qui voyageaient,
les ponts sont alors devenus des endroits importants, attirant artisans et
commerçants qui s’établirent à proximité. Au moyen-âge, afin de rentabiliser
l’investissement consenti pour les construire et entretenir, le seigneur local
y faisait parfois percevoir un droit de passage (pontage ou pontenage, tonlieu).
Plusieurs bourgades sont nées autour d’un pont. En Wallonie : Marchienne-au-Pont, Comblain-au-Pont, Pont-de-Loup… Et bien des gens ont été
dénommés « du pont » parce qu’ils habitaient à proximité de l’un
d’entre eux, à tel point que c’est un des 25 patronymes francophones les plus
abondants.
Il reste peu de ponts romains ou médiévaux sur pied en
Belgique aujourd’hui, qu’ils aient été un jour emportés par la fureur des flots
ou détruits par celle des hommes en guerre. Mais je suis allé découvrir trois
ponts des Ardennes belges qui, sans être antiques, ont déjà vu couler pas mal
d’eau à leur pied.
Le pont de Treignes a été bâti au 18ème siècle
avec des blocs de pierre bleue (calcaire) locale. Ses parapets ont été ajoutés
à la fin du 19ème. Il enjambe le cours du Viroin qui traverse le
village et est toujours aujourd’hui une voie de circulation importante.
Le pont Saint-Lambert de Vresse-sur-Semois franchit un petit
affluent de la Semois, appelé Ruaumolin (= ruisseau du moulin). Il fut
construit en 1774, en moellons de schiste, la pierre locale, par la Fabrique
d’église afin de faciliter la route du vicaire de Vresse quand il devait
rejoindre la paroisse de Laforêt. Très étroit (2m 20 dont 1m de parapet), il ne
permettait que le passage d’un marcheur ou d’un cavalier, pas celui d’une
charrette. Il n’est plus aujourd’hui qu’une curiosité touristique.
Le pont de Fosset, à Sainte-Ode, fut construit au début du 19ème siècle, en moellons de grès. Il franchit le ruisseau Laval et sa largeur de 4m20 autorisait le passage des charrettes. Il a dorénavant été supplanté par une construction récente et n’a plus aucun usage, si ce n’est celui d’être un ouvrage patrimonial classé.
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